Run



Turn my grieve to grace to remind me to find my own


Il fût un temps où chaque journée avait sa part de bonheur, un rayon de soleil inattendu, une visite improvisée, un sourire perdu. Il fût un temps où chaque matin je prenais le bus, à retrouver les mêmes visages au bout de la rue, à l'arrêt de bus, dans le bus, devant le lycée. Il fût un temps où les cours d'anglais entre sunnys valaient plus que toute autre chose. Il fût un temps où les repas au self du collège étaient animés par des championnats. Il fût un temps où j'adorais les samedis midis parce que je mangeais avec eux et c'était exceptionnel. Il fût un temps où nous avons commencé à nous séparer. Parce que l'habitude. Parce que la routine. Parce que nous sommes humains. Il fût un temps où la vie était simple.

Travail. Fête. Accidents. Prison. Orages. Voyages. Tabac. Café. Alcool. Défonce.

Le quotidien est mouvementé maintenant. L'ordre des choses loin d'être respecté. Ma mère m'a demandé d'arrêter la défonce. Elle le sait. Elle préfère que je stoppe maintenant. C'est marrant comme, une fois que l'on n'est plus entouré par les personnes qui ont fait votre quotidien pendant une dizaine de mois, que l'on se retrouve face à soi même, et rien d'autre, on se rend compte qu'on est alors différent de celui d'hier. L'enveloppe reste la même, pas l'état d'esprit. Et... Et merde je vais me mettre en retard pour le boulot!

x x x

# Posté le mardi 29 juillet 2008 07:43

Real Gone

Listen to me, One, Two, Three, Baby, Baby, Baby, Spend your time on me





Rarement j'ai atteint le quota de fatigue avec lequel j'ai décidé de me prendre trois jours de repos intensifs. Peut être même jamais. Sans le vouloir vraiment, ces derniers examens m'ont retourné, stressé, épuisé... Et passer trois jours à ne rien faire ou presque fût la meilleure des idées qui pouvait me venir. Ce n'est pas tant les examens qui m'ont retourné, c'est l'accumulation d'adieux, de départs, de questions et de futilités qui ont fait que là haut, bah ça a pas suivi quoi... Mais bon, on est vendredi, c'est la fête ce soir, c'est la fête demain, dimanche c'est la journée films/café/cigarettes/pizzas, lundi ce sera le dernier vrai jour de révisions et après mardi on décolle sur deux semaines à vivre PLEINEMENT, sans s'arrêter, même si fatigue, overdose et cellules grises demandent l'arrêt net et définitif.

On attendra ensuite, tous, avec plus ou moins d'impatience le 27, les résultats. Je n'ai toujours pas vraiment réalisé que cette journée allait, à sa façon, sceller un part de mon destin. J'entends par là que si le résultat est positif, je pars quelques semaines après vers un endroit parfaitement inconnu, si près de réaliser mes rêves. Si je me suis planté je reste ici un an de plus et ça n'est pas non plus la mort. Je ne ressentirai qu'une honte vis à vis de mes proches, et je n'aurai qu'une envie, celle de plumer un volatile nocturne aux volets fermés, juste pour me défouler. Mais tout le monde autour de moi s'accorde à dire que ça le fera. J'ai beau, en temps normal, déborder de trop de confiance en moi, quand on en vient aux moments showtimes, c'est de suite moins facile. Nous sommes le 6, je serai, de toute façon, fixé dans 19 jours. Ce qui semble à la fois trop long et pas assez. Preuve que j'y apporte quand même une certaine importance.

J'ai perdu mon pari contre moi même. Arrêter de fumer après deux mois intensifs n'est pas si aisé. D'ailleurs je continue. Pas que ça me détende vraiment, mais ça m'occupe. Et puis c'est vrai qu'après s'être sevré pendant deux jours, la première cigarette était un petit moment de bonheur. ACCRO. Rien que d'en parler m'a forcé à en fumer une... ACCRO vous dis je.

Et déjà les déménagements se font, je commencerai le mien bientôt, je ne sais pas comment je vais m'en sortir. C'est fou le nombre de futilités importantes que l'on entasse en un an seulement! De longues heures d'adieux ont déjà commencé et si vous voulez mon avis, on est loin de la fin. Mais on est aussi loin de la fin des retrouvailles.


"You'll be in my heart. No matter what they say. You'll be in my heart ALWAYS"

# Posté le vendredi 06 juin 2008 07:38

Owning My Mistakes



And so it is, shorter story, no love nor glory, no hero in the sky




Certains ont passé leur vie à la recherche du bonheur, à tenter de comprendre la recette de ce sentiment qui nous fait tous sentir si bien, sans pour autant y jamais parvenir. Tout simplement parce qu'il n'est dans ce monde aucune recette pour faire que le bonheur soit toujours de mise. Parfois il tient à un film, à un livre. Deux expériences que j'ai moi même vécu. Il y a bientôt un an. C'est l'été, il fait chaud, je suis dans une belle maison dans le sud de la France. Pendant que tout le monde plonge dans la grande piscine, ou se ballade au son des grillons, je contemple la superbe bibliothèque. Tous ces ouvrages, ces classiques, ces pages à dévorer. Je jette mon dévolu sur le petit prince, tout heureux d'avoir enfin une occasion sans pareil pour le lire. Je m'installe à la fraicheur d'un salon, et commence à lire l'ouvrage. Une heure plus tard, je le referme, sans aucune sensation de bonheur ou de relâchement. Au contraire, ce livre m'a retourné, et presque douze mois plus tard je ne suis toujours pas remis du choc. Cependant, il demeure l'un de mes préférés, et je sais qu'il trouverait sa place dans n'importe quelle bibliothèque.

Il y a quelques mois. On ne peut pas se sentir au mieux tous les jours de la semaine des mois de l'année, n'est ce pas? Ce jour était un jour sans. On dit qu'il y a des jours avec et des jours sans, sans pour autant savoir ce qui a vraiment sa place à la fin de cette expression. Toujours est il que c'était définitivement un jour sans. Il est une heure avancée de la nuit, peut être entre une et deux heures, et on frappe à ma porte. J'ouvre donc, et accueille Mark, un ami anglais. On se lance un dvd, sans grande joie. Garden States. Comme pour le petit prince, cela faisait déjà des années que ma curiosité tentait de s'accaparer ce film. Chose faite. Et c'est le genre d'oeuvre qui sert à me donner le sourire pendant des jours.

On a parfois la sensation d'être impuissant face aux événements qui nous entourent, comme l'enfant qui ne veut pas que son goûter d'anniversaire prenne fin et fait tout pour retarder le départ des parents des invités. Rarement je me serai couché en me disant que c'est une bonne chose que cette journée prenne enfin un terme. D'aussi loin que je puisse me souvenir, je ne me souviens jamais avoir dit ça. Ce n'est pas impossible. Cependant, on a beau tenté de croquer chaque jour à pleine dent et de plus belle, on n'en demeure qu'un être humain basique, et personne ne se tient bien souvent loin de l'échec ou de la démission. On passe tous, sans aucune exception, par l'un de ces moments affreux où l'on pèse sans cesse le pour, le contre et le pour les contres. Ce moment où, dans le noir et votre lit, vous pensez avoir atteint l'autre bout du tunnel et souhaitez que demain ne soit pas, où vous affrontez la terrible vérité qui est que vous êtes un lâcheur. Puis, vient ce moment, sans raison apparente, où on vous sourit, on vous tend la main, on vous pousse vers la lumière et, aveuglé, il n'y a plus qu'une chose qui compte à vos yeux, et c'est bel et bien de vous déchirer et de donner le meilleur.

Et si en fait le bonheur c'était simplement un sourire. De vous. A vous.
Owning My Mistakes

# Posté le jeudi 22 mai 2008 09:34

Landslide

And if you see my reflection in the snow



Quand on vous a habitué depuis l'âge de deux ans à changer de ville aussi souvent que possible, très vite des expressions telles que "point d'attache" ou encore "maison" n'ont soit parfois jamais sens, soit au contraire le prennent tout entier dans certains moments. Et j'y ai pris goût. Je me souviens de l'un des plus grands changements qui nous soient jamais passé par la tête. J'ai beau avoir peu de souvenir d'un nombre incalculable de choses, je me souviens des moindres détails de ce moment. Je me souviens de ma mère au travail. De mon père en vacances qui s'occupe de ma soeur et moi, et de ce même père faire tout son possible pour nous divertir. A vrai dire, je viens de réaliser qu'il avait peut être en tête toute cette histoire et qu'en fait, il essayait de rendre nos derniers moments là bas aussi agréables que possible. Toujours est il que je me souviens de ces séances de cinéma. Et de ce mercredi, du moins je crois que c'était un mercredi. Ma soeur et moi en train de regarder la télévision, et notre père de nous appeler. Je me souviens du regard que l'on s'est tous deux lancés : "qu'est ce qu'on a fait? Qu'est ce que tu as fait?!" Je me souviens qu'il nous a fait asseoir. Et qu'ensuite, il a simplement lancé cette phrase :
-Vous voulez vivre en Amérique du Sud?
Je me souviens aussi d'avoir cherché l'Amérique du Sud sur une carte. Mais pas tout de suite. J'ai tout de suite dit oui. Pour la première fois aujourd'hui je pense à tout le temps pendant lequel mon père a dû chercher la bonne façon de nous l'annoncer. On avait déjà déménagé, sur d'assez grandes distances toujours, mais là c'était massif. Et c'est vrai que je n'y avais jamais pensé. Je me souviens que j'étais très enthousiaste, tant que je me suis dit que ce serait une bonne idée d'aller déjeuner avec ma mère et qu'on lui annonce tous les trois. Je me souviens aussi de ses larmes. Et c'est là que cette question stupide m'est venue à l'esprit : "Mais c'est où l'Amérique??"

Jamais je n'avais songé que l'on quitterait la France. Et pourtant j'étais toujours aussi excité. Et je me souviens aussi des larmes de ma mère quand nous avons quitté l'Amérique pour revenir ici, en France. En fait, je crois que j'ai été conditionné pour le changement. Ce qui n'est pas qu'une mauvaise chose en soi, je veux dire, pensez à la faculté d'adaptation, à l'ouverture d'esprit et à l'aisance que tous ces changements m'ont transmis. Ils m'ont forgé pour sûr, et ont fait de moi ce que je suis. Cependant, ils ont aussi laissé cette partie solitaire, celle qui s'en sort sans personne et qui a tendance à tout tuer quand on entre dans la catégorie relations. Tant habitué à voir de nouvelles têtes, je reste rarement ancré à un groupe, je vadrouille d'un gang à un autre, chose qui est aisée pour moi mais qui laisse rarement ceux que je quitte de bonne humeur et enclin à me laisser une chance de revenir prendre une place quelques temps plus tard. Et c'est une chose que je ne peux expliquer à personne, car je suis bien souvent seul à me comprendre sur ce plan là.

Les nouvelles têtes ne le demeurent qu'une journée. Après elles ne sont que des gens. Qui sont là pour nous faire plaisir, nous décevoir. Mais qui, malgré les changements, demeurent. Et quand arrive une nouvelle tête, il nous est toujours laissé le choix de rester, ou de tout quitter, encore une fois.

Encore une fois, je serai une nouvelle tête, dans un nouveau pays. Je ne peux pas vous expliquer à quel point je suis excité à l'idée de partir à nouveau vivre dans un pays étranger. Cette fois, je sais le placer sur une carte, et mieux encore, j'y vais entièrement seul. Avec en tête, l'idée que ce ne sera pas le dernier. Vous savez, au départ vous voulez un million, puis un million et un tout petit plus.

Hier, à Disneyland, ma soeur m'a demandé si je pensais que le slogan "Là où tous les rêves se réalisent" était vrai. Je lui ai dit que quand on est venu ici la première fois il l'était. Mais en fait, là où tous les rêves se réalisent, ce n'est que le domaine de l'ambition. Vivre à Disneyland serait magnifique, c'est un pays à part. Cependant, le monde à parfois besoin de vous rappeler que tous les jours ne sont pas ensoleillés, sinon à quoi vous serviraient tous ces gens qui vous entourent?
Landslide

# Posté le dimanche 18 mai 2008 08:00

Razor

Make up your mind, you need to find another place to hide





'You wanna know what I keep thinking about? That argument we had right before you left, remember? And there you are, heading off for your big bachelor party fishing trip and I started on you like some hysterical fishwife, insisting that you finish this before you go. What was I thinking? What I should have said before you leave is I love you. Or at least, I dont know, have fun, be nice to the strippers. Instead, the last words you heard me say were : Listen Pal, no more knocking till you figure out where to put your mother's bridge club. How could you leave me alone with all these people? You know I hate crowds. And higheels. I'm wearing heels, I don't know what I'm doing. And what if you were here? You'd know how to make these people stop talking about you in the past tense. How to get your pervee uncle Bill off me, how could you leave me with your pervee uncle you know I can't handle him! I can't handle anything without you.'



'I didn't know everything about Greddy. Here is some of what I did know... ' 'I told them all the great things I know about you. And there were a lot, I was up there a while. I didn't tell everything about... I left out the complicated stuff. Like how it took losing you forever for me to truly find you. And how finding you turned you into someone else entirely. That's not what they came for. People wanna hear you were great. Not that you were great, but also, sometimes not so great. They wanna know I miss you. Not that while I've been missing you, I've fond for someone else. It's wierd though. I feel like the only one who would understand that issue. In a way that makes sense, he was the one person you were yourself around, of course he'd be that same person for me. Anyway I left all that out and I kept the simple. I told them I loved you. And that's the truth.'



Juste envie de commencer par ces deux très beaux monologues. Preuve du regret et du pardon. Deux beaux moments de cinéma en somme. Jour après jour on essaye de créer quelque chose avec les gens qui nous entourent, sans vraiment les connaître pour ceux qu'ils sont. Je n'ai qu'une chose en tête depuis ces derniers jour. Cette grande fête samedi soir. On est déjà sûr d'avoir tout ce qu'il nous faut, et la liste d'attendus s'épaissit de coup de téléphone en coup de téléphone. Je pense que même si nous n'avions été que quinze, elle aurait été réussie. Pour ce dont on se souviendra le lendemain de toute façon...

Il me tarde aussi d'être lundi matin. Sur le campus. Je suis tellement pressé d'opérer ce changement là bas. J'ai aussi une photo à prendre, alors Fifie paye ton appareil, du rouge à lèvre et la pose, je t'expliquerai le tout. De toute façon, il est bientôt grand temps que je retourne vers la simplicité qui règne là bas, aujourd'hui a été la preuve que cet environnement là me redonne mes anciens reflexes, autrement dit comportement hostile et répartie facile. Même si au bout du compte tout s'est bien terminé, j'ai eu mal à voir des larmes. Après tout, j'ai l'habitude d'être un salop, seulement des fois je le regrette. On ne le remarque pas assez, mais le regret a une part plus qu'importante dans notre vie. Pas envie d'y penser seulement... =^)

Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir me sentir aussi bien sans aucune zone d'ombre, malgré les exams dans six jours, je me sens tellement décontracté et appaisé. J'espère juste que le soleil ne va pas nous quitter de si tôt, histoire de me donner encore du temps pour recharger les batteries. Bon, d'après internet c'est fouttu pour la semaine... Tant pis, j'ai encore assez de zenittude pour ne pas m'en faire le temps d'une soirée au moins. J'espère juste qu'il ne pleuvera pas samedi soir, ce serait tellement rageant...

# Posté le jeudi 17 avril 2008 14:46